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Jeune Afrique enquête : Salaires des Africains

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Jeune Afrique vous propose de décrypter le portefeuille d'un homme ou d'une femme. Comment il gagne son argent ? Comment il le dépense ? RIches, pauvres, étudiants, cadres, sans emploi, PDG, ministres... Vous saurez tout sur l'argent des Africains. Une série riche en anecdotes locales.

Dossier Jeune Afrique : L’argent des Africains

 

 

Le 08/07/2017

 

 

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Pascal, prof de maths et informaticien en RD Congo – 780 euros par mois

 

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Pascal, 28 ans, est professeur de mathématiques et informaticien à Lubumbashi, ville du sud-est de la RD Congo dont il est originaire. Grâce à ses deux activités, il gagne environ 780 euros par mois. Pour ce nouvel épisode de notre série, le jeune Congolais a accepté de nous ouvrir son porte-monnaie.

 

Titulaire d’une licence, Pascal enseigne les mathématiques cinq après-midi par semaine dans une école privée du centre-ville qui accueille les élèves de 11 à 19 ans. « Ce que je préfère, c’est le moment des évaluations mais s’ils échouent, je considère que c’est de ma faute », explique le jeune Congolais.

Son travail de professeur lui assure un salaire fixe de 713 euros par mois. Le reste de son temps, il l’occupe à développer des logiciels de gestion à destination des écoles privées. Depuis le mois de septembre, il en a déjà vendu quatre. Or, chaque application lui rapporte entre 270 et 400 euros. Il estime ainsi que ce supplément d’activité lui permet de gagner en moyenne 70 euros par mois.

 

Épargne : 270 euros par mois

À l’avenir, c’est à cette activité à qu’il aimerait pleinement se consacrer. Pour cela, Pascal a acquis l’année dernière un terrain d’une valeur de 1580 euros, sur lequel il souhaite faire construire un centre informatique. Pour y parvenir, le jeune Congolais épargne quasiment 270 euros par mois. Il s’emploie également à l’écriture d’un manuel d’informatique, qui devrait être édité d’ici le mois d’avril, et initie bénévolement des personnes à la l’informatique.

« Ce qui me passionne dans l’informatique, c’est la liberté de création », explique le jeune Congolais. « J’ai la possibilité d’échanger avec le monde entier et de créer dans ma chambre », ajoute Pascal qui travaillait jusqu’en 2013 dans une banque commerciale.

 

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Loyer : 63 euros par mois

Pascal vit dans la cité de la Gécamines, la société d’État des carrières et des mines, dans le sud-ouest de Lubumbashi, à seulement cinq minutes en taxi du centre-ville, soit moins d’un euro l’aller-retour. Célibataire, il loue son logement (trois pièces) pour 64 euros par mois, sans compter l’eau et l’électricité (18 euros). Lorsqu’il travaille chez lui, Pascal peut dépenser jusqu’à cinq euros par jour d’internet. Avec le renouvellement de son matériel informatique (ex. cartouches d’imprimante), cela lui coûte autour de 45 euros par mois.

 

Alimentation : 138 euros par mois

« Quand je suis à la maison, je me prépare moi-même à manger », explique le jeune Congolais. Le matin, « du thé et du pain, avec une omelette », le soir, il aime préparer du foufou à base de maïs, qu’il accompagne avec du poisson. Au total, il dépense 135 euros dans l’alimentation. 

Les jours de repos – le jeudi et le dimanche – Pascal se rend le matin à l’église et donne généralement près de 54 euros par mois à sa paroisse. L’après-midi, il regarde la télévision et rend visite à sa famille. En règle général, il consacre en moyenne 100 euros pour les « imprévus », les sorties, le shopping, etc.

Membre d’une fratrie de huit enfants – trois frères et quatre sœurs – le jeune Congolais envoie de l’argent à ses parents, mais « pas régulièrement ». Fonctionnaires, ils habitent dans le Nord-Kivu, dans l’est de la RD Congo.

À terme, il aimerait reprendre ses études. À l’époque, il n’avait pu se rendre à Kinshasa pour étudier et avait dû se satisfaire d’une licence en mathématiques, option informatique à l’université de Lubumbashi. Cette fois, il aimerait obtenir une maîtrise en informatique et ainsi mettre toutes les chances de son côté pour son projet de centre informatique.

 

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L’argent des Africains : Heri, directeur du Centre de recherche sur la lutte contre la corruption en RDC – 892 euros par mois

 

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À 26 ans seulement, Heri est directeur exécutif du Centre de recherche sur la lutte contre la corruption basé à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Pour notre série l’argent des Africains, il a accepté de nous parler de son quotidien et de ses dépenses.

 

À Uvira, capitale de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, Heri mène une vie confortable, entouré de ses proches. Chaque matin, son réveil sonne à sept heures pile. Après son bain, le jeune homme prend toujours le temps de petit-déjeuner avant de se rendre à son travail où il arrive pour neuf heures. Marié, père d’un petit garçon et avec deux autres personnes à charge – sa belle-sœur et sa nièce -, Heri envoie également régulièrement de l’argent à ses parents. Avec un salaire mensuel de 1 000 dollars (892 euros), il subvient aux besoins de tous ses proches.

Plusieurs diplômes

Pour en arriver là, Heri a étudié pendant plusieurs années. Après l’obtention de son diplôme d’État en 2009, il entre à l’université panafricaine de la Paix, d’où il ressort trois ans plus tard, une licence en poche. Et parce que Heri ne souhaite pas s’arrêter là, il continue jusqu’en 2015, l’année d’obtention de son baccalauréat en sciences et développement.

Un salaire confortable

Avec quatre personnes vivant sous son toit, Heri dépense chaque mois plus d’un quart de son salaire (312,2 euros) dans la nourriture. Pour l’électricité et l’eau, le jeune homme dépense chaque moi 18 et 9 euros, soit moins que les 45 euros consacrés à l’accès internet. Locataire, Heri paye 72 euros de loyer. Le reste, il le partage entre les sous qu’il envoie à sa mère – 133 euros par mois environ – et ce qu’il place sur un compte bancaire – un peu plus de 300 euros.

 

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Lorsqu’il ne travaille pas pour son association de lutte contre la corruption, dont les projets sont financés par l’ONG Integrity Action, Heri change de casquette et devient programmeur : il crée des sites internet, de quoi épargner encore un peu plus et prévoir le futur.

Lorsque Heri évoque son parcours, tout semble simple. Ses compétences en programmation, il les acquière avant son entrée à l’université en 2010, au sein du Centre Africa Computing. En formation accélérée, il n’y reste que quelques semaines.

Prévoyance

Car s’il est pour le moment passionné par son travail, Heri a d’autres projets. D’ici 2019, le jeune homme réfléchit à monter sa propre entreprise de recyclage de déchets, « pour gagner mon propre argent, mais aussi pour développer  cette pratique ici, en Afrique » explique t’il. Lui qui évoque « l’insalubrité d’Uvira » voit dans cette idée le moyen de faire évoluer, un peu, les choses.

Mais d’ici là, Heri a largement de quoi s’occuper. Il travaille actuellement à la conception d’une application mobile pour « surveiller la corruption dans les institutions gouvernementales ». En cas de corruption avérée, les citoyens pourront désormais le faire savoir plus facilement.

Les week-end, Heri profite de son temps libre pour faire un tour à la plage, au bord du lac Tanganyika, ou emmener sa famille au restaurant. Et chaque dimanche, après le passage obligé à l’Église, il rend visite à sa mère installée à seulement quelques centaines de mètres de sa maison.

 

 

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L’argent des Africains : Blaise, enseignant en RDC – 222 euros par mois

 

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"C'est bien d'enseigner, de vouloir transmettre, mais ça ne paye pas !" Blaise est un homme tiraillé. S'il aime son métier d'enseignant, il considère que son salaire ne lui permet pas de vivre décemment. Pour y remédier, il aimerait travailler dans une institution internationale. Pour notre série l'argent des Africains, il nous explique comment il gère ses finances au quotidien.

 

La vie de Blaise aurait pu être tout autre. Professeur de sciences sociales dans une école publique à Kinshasa, cet homme de 39 ans n’a pas toujours voulu enseigner. Blaise est arrivé à cette activité « par accident », dit-il. « J’aurais dû travailler dans une entreprise mais il n’y avait pas de poste pour moi. Un de mes oncles m’a alors proposé d’enseigner, et j’ai dit oui ».

Salaire : 142 euros

Onze ans plus tard, Blaise est marié, père de deux enfants. Il vit en périphérie de Kinshasa et n’a pas changé de métier. Son salaire de professeur employé de la fonction publique lui rapporte 230 000 francs congolais par mois, soit 142 euros. En complément, il touche une « prime de motivation » de 80 euros.

Déformation professionnelle sans doute, Blaise Ngindu tient à expliquer les origines de cette prime. « Au début des années 1990, sous Mobutu, l’enseignement était au rabais. L’Église a lors décidé de prendre les choses en main en demandant aux parents de prendre en charge les salaires des enseignants ». Vingt-cinq ans plus tard la prime existe toujours mais même avec cet appoint, Blaise a tout juste de quoi nourrir sa famille.

Des dépenses calculées à l’euro près

Son salaire et sa prime cumulés, cet enseignant en sciences sociales gagne 222 euros par mois, qu’il dépense entièrement. Pour se déplacer, Blaise doit débourser environ 31 euros par mois. Pour payer son loyer et faire ses courses, il dépense en tout 160 euros. Il ne reste alors plus que 30 euros, qui vont directement dans l’abonnement internet. Des loisirs, Blaise s’en accorde rarement.

 

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Je devrais prendre soin de mes parents, de ma famille

En plus de ses revenus fixes, Blaise a parfois des revenus ponctuels qui viennent s’y ajouter, mais selon lui « trop inégaux et trop faibles pour être comptabilisés ».

« Je devrais prendre soin de mes parents, de ma famille. Dans notre culture, à 40 ans un enfant est censé aider ses parents. J’ai une grande dette envers eux ». Pour l’instant, Blaise Ngindu n’a pas vraiment les moyens d’aider financièrement sa famille, mais il compte bien y remédier.

Un meilleur emploi pour un meilleur salaire

Pour gagner sa vie plus confortablement, Blaise voudrait troquer sa blouse d’enseignant contre une veste de costume : régulièrement, il passe des tests pour intégrer une institution internationale. Son but ? « L’Unicef par exemple ». Pour le moment, ces tests se sont révélés infructueux, mais Blaise n’a pas baissé les bras pour autant.

« On ne peut pas aimer la misère » lâche-t-il, mélancolique.

 

 

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L’argent des Africains : Jean, peintre en bâtiment béninois installé au Togo – 610 euros par mois

 

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L’argent des Africains embarque pour Lomé à la rencontre de Jean, un Béninois peintre en bâtiment installé au Togo depuis huit ans. Pour Jeune Afrique, il a accepté de parler de son quotidien et de ses dépenses.

 

Cela fait 22 ans que Jean exerce le métier de peintre en bâtiment. 22 années au cours desquelles ce Béninois de 38 ans installé au Togo a patiemment assis sa notoriété d’artisan : « Les gens m’appellent, j’ai fait ma publicité au Bénin comme au Togo », confie-t-il modestement. C’est en tant que travailleur indépendant qu’il exerce sa profession sur les chantiers, où il dirige de petites équipes d’ouvriers. S’il est souvent contacté pour intervenir sur de nouveaux chantiers, il peut parfois s’écouler plusieurs semaines sans qu’il ne soit sollicité. La situation peut alors devenir difficile à gérer au plan financier.

Travailleur indépendant, salaire irrégulier

L’argent que Jean reçoit pour l’exécution d’un chantier n’atterrit pas tel quel dans sa poche. Il est tenu d’acheter le matériel nécessaire et de rémunérer les ouvriers auxquels il fait appel et dont il assure la prise en charge des frais de déplacements. Tous les chantiers ne demandent pas autant de temps et si beaucoup sont bouclés en trois semaines, il faut parfois quatre mois pour venir à bout de certaines commandes.

Plus un chantier est long, plus la paye est importante. Mais cela implique aussi une main d’oeuvre plus conséquente et donc plus coûteuse. Jean est en fait rémunéré en fonction de la durée et de l’ampleur du travail effectué. Bien que l’épaisseur de son porte-monnaie varie d’un mois à l’autre, il affirme gagner en moyenne autour de 400 000 F CFA mensuels, soit 610 euros. Dans un pays où le salaire moyen est de 45 euros, il fait partie de la classe moyenne voire aisée. « Je ne suis ni riche ni pauvre mais je ne me plains pas trop car la vie de certaines personnes est très dure », tempère-t-il.

Deux jumelles à charge

Béninois, Jean a choisi de s’installer au Togo il y a huit ans car le coût de la vie y est moins élevé. Ayant fait construire la maison dans laquelle il vit depuis trois ans, il n’a pas besoin de s’acquitter d’un loyer. Loin d’être seul, Jean partage son quotidien avec pas moins de cinq autres membres de sa famille à qui il a choisi d’offrir l’hospitalité. La sœur de Jean et ses deux cousins sont respectivement coiffeuse, couturier et peintre. Plus jeunes, ses deux nièces sont âgées de 18 ans.

Après le décès de l’un de ses frères il y a quatre ans, Jean a pris les filles de ce dernier, Julie et Juliette*, sous son aile. Apprentie couturière, la première devrait rapidement entrer sur le marché du travail. Juliette, elle, est scolarisée en classe de troisième. La jeune fille aimerait arrêter l’école « mais je n’ai pas encore décidé » explique Jean. « Moi j’aimerais qu’elle continue ses études et qu’elle ait son bac mais elle a honte car elle a déjà 18 ans et est plus âgée que les gens de sa classe. Elle a redoublé plusieurs fois, c’est parce qu’elle n’a pas suffisamment travaillé », explique-t-il.

Si ses cousins et sa sœur sont autonomes financièrement, Jean doit entretenir ses nièces. « Je dépense 125 euros par mois pour l’alimentation pour nous trois, parfois je donne aussi de l’argent au reste de la famille quand il faut les aider ». Outre la nourriture, Jean doit assurer d’autres dépenses quotidiennes pour les jeunes filles comme l’habillement, les manuels scolaires pour Juliette ou le transport.

 

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Un coup de pouce fraternel à 700 euros

En dehors des dépenses mensuelles, il faut également assurer les imprévus. « Il y a un peu plus de deux semaines, la femme d’un cousin a accouché. Ils avaient besoin d’un peu d’argent avec le nouveau bébé. Mon cousin m’a appelé, je leur ai donné 80 euros. Parfois aussi, il y a des problèmes avec ma voiture et je dois payer le garagiste ». À la fin du mois, il reste généralement à Jean environ 135 euros, une somme non négligeable qu’il dépose alors à la banque.

En dehors d’un restaurant ou d’un verre en terrasse avec des amis de temps à autre, Jean n’accorde qu’une très faible part de ses revenus à ses loisirs. « Je fais attention, je ne veux pas abuser. Les dépenses pour moi ce n’est pas tous les mois, et c’est peu de chose ». Le peintre en bâtiment, qui ne prend pas de vacances, s’autorise 30 euros par mois pour passer du bon temps.

Il nous aide beaucoup, cela me soulage pour les enfants

Arsène, un autre frère de Jean, réside en Allemagne depuis 28 ans, où il s’est installé et vit de son métier d’artiste chorégraphe. De temps en temps, il envoie de l’argent au Togo destiné à ses nièces. Grâce à cette somme Jean peut acheter des vêtements, chaussures et livres aux jumelles.

Habituellement, en septembre au moment de la rentrée scolaire et pour les fêtes de fin d’année, Arsène envoie à Jean 500 euros. Le reste de l’année, il adresse parfois de plus petites sommes lorsque la famille rencontre des difficultés passagères. « Il nous aide beaucoup, confie Jean, c’est à peu près 700 euros par an. Cela me soulage beaucoup pour les enfants ».

Sur son temps libre, Jean est bénévole pour une association. S’il avait plus d’argent, il aimerait partir à l’étranger. « J’ai envie de voyager pour travailler, construire des maisons à l’étranger pour pouvoir les louer ensuite, j’aimerais montrer aux autres de quoi je suis capable ». Jean espère que l’argent qu’il épargne petit à petit lui permettra un jour d’exaucer ce vœu.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande de Jean.

 

 

 

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L’argent des Africains : Roméo, analyste programmeur en Côte d’Ivoire – 341 euros par mois

 

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Roméo est un homme passionné. Informaticien - analyste programmeur, plus précisément -, il passe ses journées et parfois ses nuits à créer des sites internet fournis clé en main à des entrepreneurs d'Abidjan. Depuis qu’il a quitté l’entreprise où il a travaillé pendant presque deux ans, ses revenus sont irréguliers. Pour notre série l’Argent des Africains, il nous explique comment il gère ses finances.

 

Chaque matin, le réveil de Roméo sonne à cinq heures. Les yeux à peine ouverts, il consacre la première heure de sa journée à la consultation de ses mails. Puis quand il a le temps, Roméo fait un petit tour sur les réseaux sociaux. Lorsque six heures sonnent, le jeune homme de 21 ans se prépare rapidement puis se met directement à ce travail qui le passionne, à propos duquel il se montre intarissable : la programmation. Jusqu’à une heure avancée de la nuit, Roméo crée de toutes pièces des sites internet. Ses seules pauses, il les prend au moment de descendre à la cantine de la résidence universitaire de l’université Félix Houphoüet Boigny, à Abidjan, où il partage sa chambre avec son frère. « Quand je suis vraiment fatigué, je fais une sieste ! La programmation demande de la concentration », précise ce bourreau de travail.

Travailler à son compte

Deux ans durant, Roméo a travaillé pour une grande entreprise d’informatique. Jugeant son salaire de l’époque insuffisant (200 000 francs CFA, soit 305 euros), le jeune homme passait souvent ses nuits à faire de la consultation pour d’autres entreprises afin d’arrondir ses fins de mois. La création d’un site coûtant en moyenne 300 euros, il avait de quoi largement combler ses besoins.

Fatigué par un tel rythme, Roméo a décidé de quitter son travail il y a un mois. Désormais, il ne vit plus que des consultations qu’il mène directement pour des entreprises. Pour créer un site de A à Z, il lui faut deux semaines environ. Depuis qu’il travaille à son compte, le jeune homme a déjà construit trois sites. Payé environ 300 euros pour chaque travail, et malgré des revenus irréguliers, l’informaticien gagne bien sa vie. Ce qui ne l’empêche pas de contrôler ses finances de près.

Un revenu moyen de 341 euros par mois

Tous les mois, Roméo dépense 122 euros pour payer sa chambre universitaire. Pour ses déplacements en transports en commun, il doit compter en moyenne 43 euros par mois. Prenant tous ses repas au restaurant universitaire, l’alimentation représente un coût mensuel de 85 euros. Il alloue environ 61 euros à ses déplacements le week-end, lorsqu’il va démarcher des entreprises ou discuter avec celles avec qui il est déjà en affaire – une habitude qu’il a gardée de l’époque où, en tant que salarié, il n’avait pas le temps de se déplacer en semaine. Ses loisirs ? Roméo sort très peu, sauf pour aller à l’église. Le reste de ce qu’il gagne, le jeune homme le met de côté : chaque mois, il épargne environ 30 euros.

 

 

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Objectif : Inde

L’avenir semble déjà très clair dans son esprit. Grâce à une bourse d’études de 2 235 euros (2 500 dollars), Roméo vient de s’envoler pour la capitale de l’Inde, New Delhi, où, dès le mois d’août, il intégrera un master en informatique. Pourquoi l’Inde ? « Parce qu’ils sont les meilleurs en programmation », répond simplement Roméo. Une fois ses études terminées, il prévoit de revenir s’installer définitivement en Côte d’Ivoire. Mais pas question de travailler de nouveau pour une entreprise, « sauf si c’est une grande multinationale ! ».

 

 

 

 

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L’argent des Africains : Stéphane, développeur et geek au Cameroun – 456 euros par mois

 

Stéphane, entrepreneur et développeur informatique atteignant la trentaine, a sous ses ordres une vingtaine d’employés. S’il gagne 300 000 francs CFA, soit environ huit fois le salaire mensuel minimum au Cameroun, il n’hésite pas à travailler de nuit et se souvient des mois de galère. Pour notre série sur l’argent des Africains, il détaille ses revenus et ses dépenses.

 

Stéphane* a une chance : avoir fait de sa passion, l’informatique, le développement et la programmation, un métier. Mais il a aussi beaucoup travaillé pour cela.

Il intègre d’abord l’université de Niamey afin d’obtenir une licence d’informatique. Bosseur compulsif, bien décidé à porter ses propres projets de développement, il monte avec quelques camarades, une première structure associative. Là, il réalise ses premières programmations informatiques, en sus de ses journées de cours. Pour lui, le secteur de l’informatique est une terre à conquérir, un potentiel de croissance.

« À l’origine, je pensais me former au Cameroun et ensuite demander un visa pour travailler en Europe ou aux États-Unis », explique-t-il aujourd’hui. Mais, finalement, l’opportunité de créer son entreprise au pays s’est révélée beaucoup plus intéressante. Sans patrimoine financier et uniquement avec des fonds externes, il monte donc son studio de programmation informatique.

Un pari risqué. « Nous avons vécu toute l’année 2013 sur les dons de nos familles, qui nous envoyaient de l’argent de poche », se souvient-il. « Je me souviens que j’avais cumulé sept mois de loyer de retard pour ma petite chambre. Ça donnait envie de trouver autre chose mais en même temps, on sentait qu’on tenait le bon bout », explique encore Stéphane.

Sa petite entreprise va pourtant se faire connaître. Et embaucher. Forte d’une vingtaine d’employés aujourd’hui, elle ambitionne de se tourner vers les marchés européens et américains, afin de commercialiser les productions informatiques, notamment des applications mobiles, conçues en Afrique.

Salaire mensuel : 300 000 francs CFA (456 euros)

En tant que directeur général de l’entreprise, Stéphane est aujourd’hui le mieux rémunéré, à hauteur de 456 euros par mois. Une somme rondelette, comparativement au salaire mensuel minimum en vigueur au pays (36 270 F CFA).

Il faut dire que Stéphane ne compte pas ses heures. La journée-type débute à 9 heures du matin par les réunions de coordination avec son équipe et les réponses à apporter aux e-mails.

Elle peut se poursuivre tard dans la soirée, jusqu’à 22 heures ou parfois 23h30, après une pause d’une heure à la cantine, dans les locaux de l’entreprise, à Yaoundé. « C’est plus facile de travailler la nuit pour nous, il y a moins de déconcentration de l’extérieur », explique-t-il.

 

Loyer et dépenses courantes : 290 euros

Stéphane dépense 144 euros par mois pour le loyer de son appartement de deux chambres, où il vit seul à quelques minutes de son bureau, ainsi que pour les charges en eau, électricité et abonnement au câble. Presque un tiers de son salaire auquel il faut ajouter la nourriture et le transport.

 

Quelque 100 euros passent en effet chaque mois dans ce poste de dépense. Il faut encore y ajouter 46 euros pour financer la cantine de l’entreprise, où il déjeune du lundi au samedi. Soit environ un repas sur deux consommé sur son lieu de travail.

Loisirs : près de 50 euros

Avec six journées de travail bien remplies par semaine, il ne reste que peu de temps à Stéphane pour les loisirs. Il y consacre cependant tout de même environ 46 euros par mois. Un peu d’habillement mais surtout des achats liés à ses passions : les jeux vidéo.

Également amateurs de films et de série, il achète en particulier des jeux et des DVD. Il s’autorise tout de même à quitter des yeux ses écrans pour quelques sorties avec sa compagne, avec qui il n’a pas encore emménagé.

Famille : plus de 70 euros

En souvenir de l’aide que lui a apporté sa famille afin de créer son entreprise, Stéphane participe, à hauteur, environ, de 76 euros par mois, aux dépenses de scolarité de certains de ses proches.

Il fournit notamment de l’argent de poche à ses frères et sœurs faisant leurs études à la faculté. Il se tient prêt en cas de coup dur. « Si quelqu’un de la famille est malade, on se cotise pour les soins », explique-t-il.

Épargne : plus de 40 euros

Sur son salaire mensuel de 456 euros, il ne reste à Stéphane que 30 000 F CFA, soit 46 euros, à épargner en fin de mois. Une somme qui n’est pas mirobolante. « J’épargne trop peu », déplore-t-il. « Cela consiste surtout à avoir de la réserve en cas d’imprévus », ajoute-t-il.

*Le prénom a été modifié

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