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CONGO-KINSHASA : QUI SONT LES TCHOKWES?

Le Peuple Tchokwe est assez mal connu à cause de la construction d'une histoire par la colonisation et renforcée hélas par les réalités vécues au quotidien depuis l'époque coloniale jusqu'à nos jours.

mutambi.org 

 

Les Tshokwe

Qui sont les Tshokwe? Dans quels espaces géopolitiques vivent-ils? Où circulent-ils? Quelle est l'histoire de leur migration et de leurs apports politiques et sociaux? Quelle organisation sociale ont-ils bâtie? Quelles spiritualités les animent? Comment peuvent-ils se profiler à l'avenir dans une République Démocratique du Congo en voie de décentralisation et de reconstruction provinciale?

Voici quelques questions fondamentales que de nombreux Tshokwe se posent et auxquelles le site mutambi.org essaiera de répondre. Car le Peuple Tshokwe est assez mal connu à cause de la construction d'une histoire par la colonisation et renforcée hélas par les réalités vécues au quotidien depuis l'époque coloniale jusqu'à nos jours.

Origines

Diverses sources renseignent que les Tshokwe sont une population répartie entre le nord de l'Angola, le nord-est du Zimbabwe, le sud de la République Démocratique du Congo et le nord-ouest de la Zambie.

Ils appartiennent à un ensemble linguistique constitué de la plupart des populations de l'Afrique subsaharienne appelées les bantous.

Les bantous ont occupé, dans un premier temps, la région du Sahara, en Afrique du nord. Le desséchement de cette région déclencha les grandes migrations du Niger et de l'Oubangui vers l'Afrique australe.

En ce qui concerne les Tshokwe, ce mouvement migratoire va les amener à s'installer aux sources de grandes rivières qui traversent une partie de l'Angola et de la République Démocratique du Congo.

Il s'agit, de l'est à l'ouest, des rivières Kasaï, Lwatshimu (Lwongatshimu), Tshikapa, Lwange, Lowva, Lulua, Lushiku, Kwilu, Lubale, Lutshima, Kwengo, Wamba et Kwango.

Dans son manuscrit: La Grande Nation des Tshokwe et sa Dynastie, Ambroise MUHUNGA soutient: «Nos parents nous racontaient qu'ils venaient du nord-est, d'un lieu qu'ils appelaient Lagos; puis, ils émigrèrent vers le nord-ouest, vers ce que nous nommons aujourd'hui Angola. Ils s'installèrent dans un lieu appelé Lukulwe».

En comparaison avec d'autres peuples, les Tshokwe sont d'excellents chasseurs, pêcheurs et agriculteurs de même que de très vaillants guerriers, ce qui explique le fait qu'ils occupent une bonne partie de l'Afrique subsaharienne.

Miller J. C. confirme dans son livre «Cokwe expansion 1850 -1900» que le Peuple Tshokwe est l'un des cas rares dans l'histoire des peuples d'Afrique qui ait connu, en l'espace d'un demi-siècle, une spectaculaire expansion.

Cette expansion se justifie aisément par une structure et une organisation sociales remarquables qui reposaient sur trois facteurs, à savoir:

  1. la parenté «usoko» avec, comme socle, la femme qui est le liant de la lignée;
  2. l'amitié «usendo» qui, une fois scellée, s'apparente aux solides liens de parenté;
  3. l'assimilation par l'affranchissement des esclaves «kukula tsha tubindji ou ndhungo» et l'acculturation des peuples qu'ils phagocytaient (tshokweisation) à travers le mariage, toujours avec, comme socle, la femme.

Langue

Bien que séparés dans des pays distincts par le fait colonial, les Tshokwe constituent un seul et même peuple parlant une langue commune appelée «Utshokwe» avec de très légères variantes selon les pays où ils vivent depuis des lustres.

Selon A. COUPEZ, «le Cokwe est une langue africaine traditionnelle du groupe bantou portant le N° IA5D de la classification linguistique, de la branche Niger-Congo, de la famille I-Congo-Kordofan parlée en Angola, en Zambie et en République Démocratique du Congo (dans les territoires de Sandoa, Dilolo, Kapanga, Tshikapa, Kahemba et Kasongo-Lunda respectivement dans les provinces du Katanga pour les trois premiers territoires, du Kasaï Occidental pour le quatrième et du Bandundu pour les deux derniers)».

Son importance n'est pas à démontrer pour la simple et bonne raison que le Tshokwe compte parmi les premières langues locales dans lesquelles la Bible a été traduite en République Démocratique du Congo. Il s'agit de: Lingala, Bangala, Kikongo, Kituba, Kitiene, Ghipenge, Chokwe, Ngbaka, Ngbandi, Mbanja, Lomongo, Zande, Swahili, Ebembe, Mashi, Kinandi, Uruund, Kanyok, Otetela, Tshiluba et Kiluba.

Anthropologie

Les Tshokwe de la Lunda (Il ne s'agit pas de la tribu Lunda mais de la Région Lunda de l'Angola) constituent un groupe anthropologique fort homogène, qui «doit être considéré comme résultant d'un type nègre influencé par le type pygmoïde» (J.H. Santos David, 1955:309).

Parmi les peuples du sud de l'Angola, entre le Kwanza et la Lwena (Lwena, Lwimbi, Lutshazi, Ovimbundu, Mbwela et Tshokwe), le type Tshokwe, lorsqu'il est pur, se distingue facilement (Fonseca Cardoso 1919: 12-13).

De stature élevée ou du moins au-dessus de la moyenne (1m70); le buste, bien posé sur les épaules larges, est parfaitement en tronc de cône; les épaules sont larges, la ceinture est fine.

Le visage est allongé (contrairement à celui des Lwena qui est large et court) avec les pommettes accusées. Le nez est aplati et les narines pas très grosses; quelques nez ont le dos convexe et les narines larges, résultat évident d'un métissage avec les éthiopiens. La peau est de couleur brique et se distingue de celle (chocolat) des Lwena et des Lutshazi. Elle correspond aux numéros 28 et 30 de l'échelle de Broca.

Les Tshokwe disent distinguer deux nuances de peau dans leur groupe ethnique: brun noirâtre, mutu wa cindu mula et brun clair ou jaunâtre, mutu mwelu.

Localization

L'expansion évoquée ci-haut explique le fait que les Tshokwe se retrouvent dans plusieurs pays d'Afrique, plus particulièrement en Angola et en République Démocratique du Congo (voir carte en annexe).

République Démocratique du Congo

En République Démocratique du Congo, les Tshokwe habitent dans les provinces du Bandundu, du Kasaï Occidental et du Katanga.

Cet éparpillement géographique explique le fait que le Peuple Tshokwe a seize voisins, à savoir: les Babindji, Bambala, Biombo, Kete, Kuba, Lele, Luluwa, Lunda, Luvale, Lwena, Minungu, Ndembu, Ndekese, Nkutshu, Pende et Salampasu; ce qui est une situation exceptionnelle.

Bandundu

Au Bandundu, les Tshokwe sont dans les territoires de Feshi, Kahemba et Kasongo - Lunda.

Bien qu'ils habitent dans les trois territoires, l'unique chefferie qu'ils ont est celle de Mwamushiko située dans le territoire de Kahemba.

Kasaï Occidental

Dans le Kasaï-Occidental, les Tshokwe habitent les territoires d'Ilebo et de Tshikapa.

A Ilebo, ils ont deux chefferies: Kayita Katembo Supu Lya Muhanda et Mwamba Mwaila.

Quant à Tshikapa, ils ont aussi deux chefferies: Bumba Tshumba Mukhwanbjamga et Tshinota Mwakolongo.

Katanga

Au Katanga, les Tshokwe occupent principalement les territoires de Dilolo, Kapanga et Sandoa.

En outre, ils sont également nombreux dans les villes et leurs faubourgs ainsi qu'aux abords des principaux axes routiers.

A Dilolo, les Tshokwe occupent majoritairement les chefferies Ndhumba, Muyeye, Mwakandala, Saluseke et Tshisenge.

A Kapanga, territoire qui n'a qu'une seule chefferie, les Tshokwe habitent dans un bon nombre de groupements.

A Sandoa, ils sont majoritaires dans toutes les chefferies, à savoir: Bako, Lumanga, Kayembe - Mukulu, Muteba, Samutoma (Mwatshisenge), Sakundundu, Tshibamba et Tshipao.

Afrique

Après les accords de Berlin, les Tshokwe se retrouvent répartis entre trois Etats: l'Angola, le Congo-Kinshasa et la Rhodésie du Nord (la Zambie actuelle) .

A ce sujet, Ambroise MUHUNGA soutient «qu'en Rhodésie du Nord, on trouve des Tshokwe dans les territoires suivants: Malvale, Tshavuma, Kabompo, Mankoya, Mungwe, dans la province de Lusaka.

En Angola, les Tshokwe vivent dans trois provinces: Malange, Luso (Silva-Porto) et Benguela ainsi qu'à St-Paul de Loanda et Huile. Ils ont intégralement conservé notre langue et notre coutume Tshokwe.

Cette extension, sur différentes provinces et divers districts de trois colonies, prouve que les Tshokwe constituent, au centre de l'Afrique, non une tribu, mais une nation».

MUTAMBI «www.mutambi.org» offre l'opportunité aux Tshokwe disséminés à travers le monde de se signaler afin que la localisation de notre peuple, particulièrement en Afrique, soit connue avec certitude.

Démographie

Selon le Dictionnaire Universel, édition 1995, les Tshokwe sont une population d'environ 1.300.000 personnes réparties entre le nord de l'Angola, le sud de la République Démocratique du Congo et la Zambie.

Faute des statistiques fiables et actualisées, il est difficile d'avancer des chiffres plus ou moins exacts.

Toutefois, selon l'étude de Mr Patrick CLAES , proportionnellement à la population de la République Démocratique du Congo de 1989, les Tshokwe occupaient la 5ième place après les:

  1. Baluba du Kasaï Oriental;
  2. Lulua du Kasaï Occidental;
  3. Luba du Katanga;
  4. Banande du Nord-Kivu.

Vie sociale

Les Tshokwe sont matrilinéaires du fait que le mode de filiation est fondé sur la mère car, la femme est non seulement le socle de la famille, mais surtout la détentrice du pouvoir coutumier consacré par le mariage entre les cousins croisés.

Le système social Tshokwe est caractérisé par la sociabilité autant que par l'individualisme.

Sociables ou communautaristes parce que les Tshokwe partagent avec leurs voisins et/ou visiteurs les fruits de la chasse, de la récolte, de la pêche, de la cueillette; bref, le fruit de leur travail.

Enfin, individualistes du fait que les Tshokwe s'expriment au moyen de ce qu'ils possèdent de personnel. Cet atout explique aussi la richesse de leur culture, entendue comme capacité d'adaptation à la nature.

Cette réalité, qui parait paradoxale, cache une dualité qui, du reste, est normale dans leur comportement.

En conséquence, le Tshokwe d'aujourd'hui doit comprendre qu'il est nécessaire de gérer cette particularité caractérielle avec les contraintes nouvelles de la vie moderne des sociétés pluriculturelles.

Sinon, perçu en d'autres temps et lieux comme qualité, cet individualisme risque de lui être préjudiciable aujourd'hui.

Habitat

Il est utile de faire remarquer que la construction et l'environnement dans lequel les Tshokwe vivent font partie de leur art.

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En effet, la plupart de leurs villages ont une structure pareille à celle des centres urbains (la ville) en ce sens que les rues y sont tracées suivant la logique que l'on retrouve dans les cités occidentales.

Les maisons d'habitation sont généralement spacieuses et fonctionnelles car, elles sont séparées de la cuisine, du grenier et des toilettes; ce qui, généralement, n'est pas le cas chez bien d'autres peuples, dont les huttes sont des fourre-tout qui accueillent, à la nuit tombée, aussi bien les humains que leur petit bétail. Les parcelles sont soigneusement clôturées par de belles haies fleuries.

Medicine

Les Tshokwe ont la réputation d'être de bons guérisseurs (mbuki). Marie-Louise Bastin constate que le mbuki est un personnage moins important que le tahi (devin). Il connaît les remèdes (yitumbo) naturels ou magiques, parfois efficaces: matières végétales, animales ou minérales, amulettes, statuettes modelées ou taillées en bois, ainsi que les rites de dépossession.

Pour les maladies et les accidents simples qui n'ont apparemment aucune cause surnaturelle, on s'adresse au médecin. S'il ne décèle pas la cause du mal, il envoie son patient consulté le devin, après lui avoir remis comme talisman le ngombo kali ha mufumvu, symbolisé par un cauris que le malade portera au cou pour apaiser l'esprit présumé mécontent.

Religion

Le Tshokwe croit à un être suprême et à des esprits.

Etre suprême

L'être suprême est actuellement désigné indistinctement par Kalunga ou Nzambi. Il est invoqué dans les prières mais aucun culte particulier ne lui est rendu, aucune effigie ne lui est consacrée.

Esprits et forces

Les esprits et forces sont les mahamba, esprits des ancêtres et de la nature, qui peuplent et jouent le rôle d'intermédiaires entre le dieu créateur et les hommes. Ils sont représentés par des arbres, des poteaux sculptés, des morceaux de termitières, des symboles ou des figurines de terre ou de bois, nommées elles aussi mahamba.

Des sacrifices et des dons alimentaires leur sont régulièrement offerts par les héritiers du culte.

Il existe quatre types de mahamba:

  1. Mukala, esprits rebelles ou maléfiques masculins qui hantent les chasseurs;
  2. Safunda ou Batuka, esprits rebelles de divination qui sont combattus par invocation pendant que les victimes portent des habits blancs et qu'on leur applique, sur le corps, du caolin blanc et/ou rouge;
  3. Khula ou Thulemba, d'origine Lunda, esprits qui jettent le mauvais sort sur les femmes qui deviennent stériles, accouchent de mort-nés, avortent à répétition ou encore font des cauchemars, etc.;
  4. Salujinga, d'origine Minungu (esprits qui combattent également la fécondité).

Divination

La divination est comptée parmi les faits qui ponctuent la vie des Tshokwe.

Le devin, tahi (jamais une femme), notable souvent à la tête de son propre village, peut porter la coiffure sala, en principe réservée aux guerriers. Son art est lucratif.

Appelé ou consulté en diverses circonstances (maladie, accident, mort, stérilité, impuissance, chasse malchanceuse, mauvais présage, possession, vol, calamité publique, etc.), le devin décèlera les causes, éclairera les faits du passé; ce sont des conseils plutôt que des prévisions qui lui sont demandés.

Système de communication et 

d'information

Le système de communication et d'information du Peuple Tshokwe a deux formes: verbale et instrumentale.

Communication et information verbales

Les Tshokwe communiquent et s'informent dans le Tshota, qui est une paillote, construite généralement au milieu du village ou à un endroit stratégique dans lequel se réunissent les adultes pour partager la nourriture, les expériences et les nouvelles d'une part et accueillir les visiteurs ou étrangers, d'autres part. Il sert aussi de tribunal pour le jugement de toute sorte de différends et palabres.

Il s'agit en fait d'une école de la vie où s'acquièrent la sagesse, la connaissance, le savoir-vivre; bref, la culture car c'est là que l'on apprend beaucoup de choses, notamment les contes, les énigmes, les paraboles, les proverbes et dictons que les Tshokwe appellent yishimo, langage symbolique et très expressif pour expliciter un problème ou présenter une situation en image afin de la rendre vivante et plus accessible.

Communication et information instrumentales

L'instrument musical de communication et d'information chez les Tshokwe est le Tshikhuvu ou Tshinguvu.

Il est le moyen de communication et d'information par excellence qui, selon le rythme, rend les honneurs au chef, alerte la population d'un danger (attaque ennemie, guerre, etc.), invite la communauté à répondre aux besoins et exigences des villages (chasse, feu de brousse, informations urgentes, etc.).

Commerce

Elikia M'bokolo présente les Tshokwe comme une société égalitaire de chasseurs réputés et d'habiles forgerons, vivant au centre de l'Angola, près des carrefours et des routes du commerce négrier, mais sans participer à celui-ci. Le déclin de la traite leur donna l'occasion d'y prendre part activement comme fournisseurs d'ivoire, de cire et de caoutchouc en échange d'armes à feu.

L'épuisement des ressources locales de chasse et de cueillette ainsi que la détention de puissantes armes à feu entrainèrent des mouvements migratoires irréversibles, notamment vers le nord et l'est, autant que des interventions directes dans les affaires politiques des Etas Lunda et Luba à partir de 1874.

Il se fait malheureusement que le Tshokwe d'aujourd'hui est loin de ressembler à ses ancêtres, à la fois intelligents et entreprenants. Quel dommage !!!!

Fonte du fer

Sans informer le lecteur de la fonte du fer qui permettait aux Tshokwe de fabriquer leurs outils de la chasse, de l'agriculture aussi bien que leurs armes de guerre, la présentation de ce Peuple serait incomplète.

Muhunga décrit dans son livre comment les Tshokwe faisaient la fonte du fer.

«Après avoir procédé au Lutengo, les Tshokwe vont chercher du minerai (ndenga) au gisement Tshindenga. Ils préparent du charbon de bois qu'ils mélangent au minerai (ndenga), puis mettent le tout au feu.

Du matin à 5 heures du soir, ils entretiennent le feu à l'aide de deux grands soufflets et obtiennent ainsi le fer «wutale» avec lequel ils fabriquent les objets ci-dessous:

Poko, le couteau

  1. Couteau (poko);
  2. Hache (ndjimbu);
  3. Houe (temo);
  4. Mumba (petite lance);
  5. Kweya (grande lance);
  6. Kawulu (petit marteau);
  7. Mweto (grand marteau);
  8. Shiki (enclume);
  9. Machette (tshindjangu);
  10. Tshimbuya (hache royale);
  11. Nayitala (Epée royale) etc.»

Culture

La culture Tshokwe est très riche. Elle se manifeste par un grand savoir illustré, entre autres, par des proverbes valables jusqu'aujourd'hui autant que par des techniques à la hauteur de leur époque. La diversité des rites et cérémonies ainsi que celle des chants et danses qui y correspondent traduisent également la richesse de cette culture.

Rites et cérémonies

La vie des Tshokwe est ponctuée par des cérémonies et rites appropriés (mariage, nouvelle et pleine lune, naissances, funérailles, ouverture et clôture des rites d'initiation, divination, etc.). C'est notamment le cas de:

La mascarade Makishi

  1. Mukanda ou Tshavula, initiation des garçons, qui est une véritable école de la vie où ils ont la formation complète d'un homme, étant donné qu'on lui apprend la pêche, la chasse, la construction d'une maison, la danse, la cuisine, la sagesse et la morale.
  2. Tshiwimbi ou Tshiwila, initiation des jeunes filles, à l'instar du Mukanda pour les garçons;
  3. Wali, cérémonie de la nubilité de la jeune fille au cours de laquelle la famille du mari prend et emmène la jeune mariée chez elle. Le lendemain, la famille de la jeune mariée va alors «kumukwatshisa ku majiko» en lui apportant tous les ustensiles de cuisine dont une femme a besoin, en allumant le feu et en préparant son tout premier repas chez elle, dans sa nouvelle maison;
  4. Uyanga, cérémonie des chasseurs qui invoquent les ancêtres pour leur protection et le succès de leur mission;
  5. Zemba, initiation mystique et ésotérique de certains adultes courageux, audacieux, loyaux et responsables à l'endurance pour leur permettre d'affronter n'importe quelle difficulté de la vie afin de protéger leurs villages, clans et familles;
  6. Mungonge, rite de la commémoration de la joie pour avoir atteint un objectif ultime (gagner une guerre, remporter une victoire de quelque nature qu'elle soit). C'est un rite secret masculin;
  7. Musheta ou munema, cérémonie funéraire qui a lieu, devant la maison du défunt, à la levée de la dépouille mortelle et après l'enterrement;
  8. Ngombo, divination, en se servant d'un panier de devin, pour expliquer une situation (maladie ou échec quelconque) et prédire l'avenir;
  9. Mahamba, invocation des esprits des ancêtres, par des formules de conjuration, pour gratifier les bons et chasser les mauvais. Il existe quatre type de Mahamba: Mukala (esprits rebelles ou maléfiques masculins qui hantent les chasseurs), Safunda ou Batuka (esprits rebelles de divination qui sont combattus par invocation pendant que les victimes portent des habits blancs et qu'on leur applique, sur le corps, du caolin blanc et/ou rouge), Khula ou Thulemba d'origine Lunda (esprits qui jettent le mauvais sort sur les femmes qui deviennent stériles, accouchent de mort-nés, avortent à répétition ou encore font des cauchemars, etc.) et Salujinga d'origine Minungu (esprits qui combattent également la fécondité).

Musique

L'exposé ci-dessous s'inspire de Barbara SCHMIDT-WRENGER qui avait fait, en 1973, une étude remarquable sur la musique Tshokwe dont une brochure publiée ad hoc est en vente, au Musée Royal d'Afrique Centrale de Tervuren, avec un disque (33 tours) reprenant les chants enregistrés durant son séjour à Samutoma (Mwatshisenge), Sakundundu, Mbako et Muteba dans le territoire de Sandoa.

Chants

Le Tshokwe est un musicien par excellence car il compose des chants qu'il adapte aux circonstances et rythmes que lui inspire l'environnement; ce qui fait qu'il dispose de toutes sortes d'instruments musicaux. Cela explique également le fait que ses chants correspondent aux diverses cérémonies et circonstances de la vie.

Partant, ils sont catégorisés en chants de danses populaires, des occasions particulières et de musique solo.

Chants des danses populaires

Les chants des danses populaires correspondent aux: Tshiyanda, Tshisela, Mayenge, Moyo, Kalukuta, Kananda, Malinga, Tshihongo et masques.

Chants des occasions particulières

Il existe trois types de chants des occasions particulières:

  1. Chants des rites et cérémonies, Ces chants se rapportent aux rites et cérémonies énumérés ci-haut (dont le Musheta, chant funèbre) auxquels s'ajoutent ceux du mariage (Wulo) et de la berceuse (Ndeji).
  2. Chants réservés à Mwene Mwatshisenge
    • Kulenga tsha Mwata (ou Miaso ya kulengesa Mwatha), chants de louange en l'honneur du Chef, dont le texte décrit les qualités émérites du Chef, les insignes de son pouvoir et de sa dignité;
    • Mufuka ya Mwatshisenge, étroitement lié à la tradition, avec pour thème, le Mufuka (chasse- mouches) en poils d'une antilope appelée Tengu que Mwene agite lorsqu'il est dans le Tshipoyi, la célèbre chaise à porteurs des souverains Tshokwe.
    Ces chants ne sont pas à danser, c'est pourquoi ils s'exécutent avec battements des mains et parfois avec des coups de feu, sans accompagnement musical.
  3. Chants de guerre, Ces chants sont exécutés avant le combat pour stimuler l'ardeur des guerriers, d'une part, et, d'autre part, pendant la guerre, pour exprimer, au village, l'état d'esprit de ceux qui participent ou non aux combats.

Chants de la musique solo

Il existe également une musique en solo exécutée par des chanteurs à l'aide de deux instruments: Tshisaji et Ndjimba.

Danses

La musique tient une place importance dans la vie de Tshokwe.

Les Tshokwe ont des danses très variées correspondant aux circonstances et rites divers évoqués ci-dessus.

De ce fait, il en existe trois catégories: les danses populaires ou des fêtes et celles des occasions particulières. Généralement, toutes sont collectives.

Danses populaires ou des fêtes

Les danses populaires sont:

  1. Tshiyanda, grande danse de fête traditionnelle exécutée par les femmes au rythme des tam-tams joués exclusivement par les hommes. Cette danse a deux variantes rythmiques respectivement appelées Kashinga et Katshota.
  2. Tshisela, danse consacrée aux différentes étapes du Mukanda (préparatifs, ouverture, évolution et clôture). Elle se différencie de la danse Tshiyanda par le rythme et se caractérise par l'emploi des hochets de chevilles, les Tshotsha, faits de gousses de fruits liées en forme d'anneaux et que les femmes portent aux deux chevilles.
  3. Mayenge, danse mixte (hommes et femmes);
  4. Moyo, danse mixte (hommes et femmes);
  5. Kalukuta, danse mixte (hommes et femmes);
  6. Kananda ou Kandowa, danse mixte (jeunes filles et garçons). Il est à noter que les quatre danses ci-dessus ne s'accompagnent que de battements des mains.
  7. Malinga, danse mixte, à l'occidentale, qui s'exécute avec l'accordéon;
  8. Tshihongo, danse exhibée par un masque portant le même nom;
  9. Mukishi, au singulier, et Akishi, au pluriel, danse exhibée, devant le public, par un ou plusieurs masques dont les plus célèbres sont notamment Wotsha luba, Mushilindjindi ou Malumba et Khanga;
  10. Thundandji (les garçons circoncis) exhibent les danses apprises au camp d'initiation, à leur retour au village. Il s'agit là d'une très grande fête populaire où rien n'est laissé au hasard.

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Danse Makishi 

Danses des occasions particulières

Chaque rite, cérémonie et circonstance ont des danses spécifiques que sont: Mukanda, Tshiwimbi, Wali, Uyanga, Zemba, Mungonge, Musheta, Ngombo et Mahamba.

Ainsi, par exemple, que la danse de Uyanga est une danse de la caste des chasseurs, exécutée après une chasse fructueuse en signe de gratitude et en hommage aux esprits de la chasse. Ainsi, sous forme de pantomime, elle représente la chasse ainsi que la mise à mort du gibier.

Instruments

Ci-dessous sont repris les instruments de musique et de danses:

  1. Ngoma (tam-tam), tambours à membrane qui se jouent en batterie de cinq (principal groupe de percussion qui forme l'armature sonore), dont ngoma ya shina (le tam-tam central qui rythme les danses et remplace le Tshikhuvu lorsque celui-ci fait défaut), appuyés par quatre autres, à savoir: ngoma ya mukhundhu, ngoma kavungi, ngoma ya kusasulwila et ngoma ya kasumbi;
  2. Tshikhuvu ou Tshinguvu, grand tambour à fente trapézoïdal (en bois massif taillé à l'intérieur d'un tronc d'arbre appelé Mupafwu) que l'on frappe de part et d'autre au moyen de deux mailloches (Mishipo);
  3. Mukupiela, tambour à double membrane essentiellement utilisé pour les danses et cérémonies royales;
  4. Ndjimba, grand xylophone courbe et à calebasses généralement composé de 17 touches;
  5. Tshisaji Kakolondondo, lamellophone à planches, muni d'une calebasse faisant fonction de caisse de résonnance;
  6. Tshisaji Mutshapata, lamellophone dont les lames sont fixées directement sur un bloc de bois évidé en forme de caisson servant de caisse de résonnance;
  7. Kalyalya, sorte de violon, instrument à corde que l'on joue près de la bouche dont l'ouverture et la fermeture en font varier les sons;
  8. Sangu, idiophones, hochets (à calebasse) des mains et des pieds de petite dimension;
  9. Tshotsha, hochets de chevilles et clochettes métalliques;
  10. Mikakaji ou Mikokolo, petits bâtons avec lesquels on frappe le bas d'un tambour pour donner et soutenir le rythme de base;
  11. Mishipo, baguettes en bois ayant, à leur extrémité supérieure, un renflement en caoutchouc et écorce, servant à battre le tambour Tshikhuvu;
  12. Khwita, tambour à membrane et à friction à manche;
  13. Mutshakaya, hochet des mains, de grandes dimensions, métallique ou à petites calebasses;
  14. Kasengosengo, aérophone, petite flûte utilisée à la chasse pour permettre aux chasseurs de communiquer entre eux;
  15. Muya, ceinture de danse des femmes et des masques garnie de bouts de bois ou de métal;
  16. Ngunda, trille aiguë des femmes à la fois expression de la joie des participantes et stimulant pour les musiciens et les danseurs;
  17. Yikuma, ajoutes improvisées faites de textes, servant de transition pour passer d'un chant à l'autre.

 

Drum "ngoma"  (tam-tam) - Chokwe - 213 Angola 

 

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Instruments

Généralement chez les Tshokwe, chaque instrumentiste réputé possède une signature musicale originale par laquelle il commence ou termine son interprétation pour s'identifier en signant sa création, d'une part, et, d'autre part, tous les tambours à membrane se jouent à la main et sont réservés exclusivement aux hommes.

 

 

Art

Chair from the Chokwe people of Kasai, DR Congo

 

 

L'art Tshokwe jouit d'un prestige tout à fait justifié. L'inscription au catalogue d'une vente d'un objet d'art Tshokwe est souvent un événement .

Cette particularité est due au fait que le Tshokwe est sensible au beau et donc à tout ce qui est fait impeccablement, attirant autant par sa beauté que par son utilité. C'est pour cette raison que son art est riche et varié.

En effet, le Tshokwe est un artiste complet dont la production englobe tous les secteurs de la vie et témoigne d'un intense dynamisme intérieur.

Les œuvres d'art esquissent des gestes rares et se regroupent en véritables compositions décrivant de scènes vivantes de la vie quotidienne.

L'une des preuves tangibles est la place de choix qu'occupent ses objets et œuvres d'art au Musée Royal d'Afrique Centrale à Tervuren au Royaume de Belgique qui compte parmi les musts du Monde.

 

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Scultpure

La sculpture Tshokwe est puissante et raffinée. Elle reflète les qualités d'un peuple intelligent et dynamique.

Au sujet de l'art Tshokwe, Muhunga renseigne que «les Tshokwe sont habiles à tailler le bois pour en faire des figurines (statuettes) à deux, trois ou quatre têtes appelées Kaponya, au singulier et Tuponya, au pluriel.

Voici les noms des articles fabriqués par nos sculpteurs et artisans:

  1. Tuponya, bois taillé;
  2. Panda, bois taillé en forme d'assiette profonde dans laquelle les hommes mangent leur nourriture;
  3. Pitho, porte en bois (naguère, les Tshokwe fabriquaient la porte);
  4. Yitwamo ya Khwasa nyi Zunu, nous avons deux sortes de sièges, d'une part, la chaise de table qui s'appelle «Khwasa», et, d'autre part, le fauteuil «Zunu»
  5. Tshikanga, natte tissée dont les Tshokwe se servent pour dormir;
  6. Lwalo, panier plat servant à vanner (tissage dans lequel les femmes conservent la farine);
  7. Tshipaya: corbeilles destinées à la conservation de quelque chose;
  8. Chisoka cha nganda, petite corbeille, ornée de dessins, servant d'assiette;
  9. Musaka, espèce de corbeille en liane qui sert de bol;

Kafuko, espèce de corbeille en liane qui sert d'assiette.

Masques

A propos des masques, il existe deux types: les masques de danses ou des réjouissances populaires et ceux du Mukanda.

  

  Masque TSHOKWE 33cm

Masques Tshokwe

 

Masques des danses ou des réjouissances populaires

Pratiquement, tous les masques de danses sont des sculptures de très bonne qualité et minutieusement faites. Les plus connus sont:

  1. Mwanapwo, la monolisa Tshokwe de renommée internationale;
  2. Nalulele, qui symbolise aussi la jeune fille;
  3. Katoyo, l'équivalent masculin de la Mwanapwo qui, parfois, est envoyé pour annoncer, dans son village d'origine, le décès d'une femme mariée dans un autre village, en vue de prévenir toute action de représailles et dont le plus célèbre était Mushilindjindji;
  4. Ngulu qui symbolise le cochon;
  5. Nangue qui symbolise la pintade;
  6. Khanga qui symbolise la perdrix;
  7. Tshihongo qui a un accoutrement particulier;
  8. Tshinwawalwa qui symbolise le soulard;
  9. Mbongo ou Muyinda, un homme dont les jambes sont fixées sur des échasses d'au moins cinq mètres de haut et qui marche avec élégance.

Masques du Mukanda

Les masques du Mukanda sont de véritables chefs-d'œuvre fabriqués avec une attention particulière et dont la forme ainsi que les matériaux répondent à des critères spécifiques.

Ils sont hiérarchisés, selon leur rang et rôle. Il s'agit de:

  1. Tshikungu et Kasha, masques sacrés, symbole de la dynastie de Grands Chefs Tshokwe, à double visage (l'un devant et l'autre derrière), signe non seulement de vigilance, mais de violence et de clairvoyance qui caractérisent et qui doivent caractériser tout Grand Chef. Ils apparaissent uniquement lors de l'initiation des princes, plus précisément les fils et neveux de Mwene Mwatshisenge. A chacune de leurs apparitions, l'aîné (Tshikungu) égorge des chèvres avec une épée à double tranchant (Mukwale);
  2. Tshikuza ou Tshitenu (le méchant) qui préside le Mukanda;
  3. Kalelwa qui représente les ancêtres qui veillent sur la santé et le bien-être des initiés (thundandji);
  4. Katwa ou Mulimbula ou encore Ngondo qui pourvoit aux besoins alimentaires des initiés;
  5. Mulonga (problème), le méchant qui symbolise la force par rapport à tout danger venant du village et qui pourrait affecter les initiés. Il est muni d'un arc-à-flèches sans pointe (Mukhondji) et il est toujours accompagné du masque Sawalingula qui le tient par la main et veille à ce qu'il ne s'attaque pas aux personnes. Il lui arrive de danser aussi devant les femmes;
  6. Tshihewu ou Sawajila ou encore Tshindombe qui annonce l'arrivée d'autres masques de rang supérieur, amuse les mères des initiés et leur donne en termes voilés les nouvelles de leurs enfants qui sont au camp d'initiation (Mukanda).

Masque de guerre

L'histoire rapporte que dans le temps, les Tshokwe avaient un redoutable masque dénommé Tshitelela.

Il pouvait voler comme un avion grâce à la sorcellerie et avait pour mission de rapatrier les Tshokwe pris en otage, en esclavage ou captivité en terres étrangères. Il était très méchant et extrêmement dangereux car, le coût de chacun de ses décollages et atterrissages équivalait des pertes en vie humaine. Sa demeure, c'est le camp de Zemba.

 

Masques Tshokwe

Art corporel

Les Tshokwe ont un art corporel particulier caractérisé par les tatouages, la coiffure et les ornements de la tête.

Tatouages

L'art du tatoueur Tshokwe se distingue par l'élégance des dessins scarifiés et par l'aspect net discret des reliefs chéloïdiens provoqués .

Les tatouages se nomment yitoma si le dessin orne le corps et katoma s'il décore une statuette ou un objet.

Ils sont pratiqués, à partir de la puberté, par des spécialistes hommes et femmes.

Beaucoup de ces anciens signes de reconnaissances, rituels et symboliques n'ont plus de nos jours qu'un but décoratif et érotique.

Coiffure

La coiffure kambu (les cheveux), pluriel de lukambu est un autre élément important de la parure.

Autrefois, hommes et femmes portaient approximativement les mêmes.

Cette coquetterie ne se rencontre plus aujourd'hui que chez les femmes, les hommes ayant les cheveux taillés courts.

Ornements de la tête

Ornements de la tête des Tshokwe sont :

  1. l'épingle à cheveux, musako;
  2. le rang de perles, kabalo;
  3. le bandeau étroit, kaponde;
  4. les diadèmes, cipeya ou cypeya mutwe;
  5. le chapeau de cérémonie, mutwe wa kayanda;
  6. le plumet, sala.

A ces ornements de la tête s'ajoutent la couronne royale, Tshibangula, Ibangula au pluriel qui correspondent au rang et importance hiérarchique de chacun chef.

Politique

Moïse Léonard Jamfa Chiadjeu rapporte que vers la fin des années 1950, on note une émergence d'une conscience ethnique Tshokwe, de même qu'une tendance à la recomposition de l'espace.

Ce nationalisme est cristallisé par l'Association des Tshokwe du Congo, de l'Angola et de la Rhodésie «ATCAR», une formation politique fondée en 1956 et active dans la région du Katanga. A côté de l'ATCAR, une autre formation nationaliste Tshokwe a vu le jour vers les années 1960: le Partido Nation Africano «PNA»

Cette organisation politique a permis aux Tshokwe de jouer un rôle important à l'accession de la République Démocratique du Congo à l'Indépendance.

En effet, étant donné que ce sont les associations tribales qui firent fonction de partis politiques, faute d'initiation à la démocratie moderne fondée, entre autres, sur les groupements secondaires volontaires (partis politiques, en l'occurrence) et non sur ceux primaires (comme le sexe, la tribu et la race), Ambroise MUHUNGA, à l'instar d'autres leaders tribaux, créa donc l'ATCAR .

Au début, l'ATCAR fit partie de la Confédération des Associations tribales du Katanga, CONAKAT en sigle. Mais, dès que Moïse KAPENDA TSHOMBE, Président de ladite Confédération, fit sécession en proclamant l'indépendance du Katanga, l'ATCAR se désolidarisa des indépendantistes katangais et coalisa avec la BALUBAKAT, présidée par Jason SENDWE, et la Fédération des ressortissants de la province du Kasaï (FEDEKA en sigle) de Dominique KALONJI, pour former le Cartel Katangais Unitariste.

Il conviendrait de noter qu'en dehors des l'ABAKO (qui réunissait l'ensemble des tribus Kongo), seuls les Baluba du Katanga et les Tshokwe avaient des partis politiques.

C'est fort de ce Cartel que le Gouvernement Central de Léopoldville, sous le Président Joseph KASA-VUBU et le Premier Ministre Patrice - Emery LUMUMBA, aidé de l'ONUC, mit fin aux velléités sécessionnistes du Katanga.

Si donc la République Démocratique du Congo, de Joseph KASA-VUBU à Joseph KABILA, en passant par Joseph-Désiré MOBUTU et Laurent-Désiré KABILA comme Présidents, est restée unie, l'ATCAR avait efficacement apporté sa pierre à l'édifice quant à ce. Cela est donc à mettre, sans fausse modestie, à l'actif du Peuple Tshokwe respectueux de la légalité aussi bien en République Démocratique du Congo qu'en Angola et en Zambie.

Il se fait malheureusement que, de l'Indépendance à ce jour, ce Peuple n'a pratiquement pas tiré profit des retombées de ce rôle éminemment politique qui, pour d'autres, a rapporté de substantielles dividendes. A qui incombe cette lourde responsabilité d'échec? A chacun de répondre à cette pertinente question.

Cependant, il est clairement établi que, de part leur importance démographique, principalement en Angola et en république Démocratique du Congo, les Tshokwe représentent un important électorat.

Organisation coutumière

Le Peuple Tshokwe est organisé en riches et puissantes chefferies hiérarchiquement et extraordinairement structurées autour de la famille royale, dont les empereurs fondateurs sont les deux grands guerriers MWANDHUMBA et MWAKANYIKA.

Sa Majesté Ndumba Alberto, Mwene Mwachisengue-wa-Tembo, le roi souverain de Tchokwe (Angola)

 

C'est cette organisation qui permit aux Tshokwe d'envahir progressivement les autres peuples à qui ils imposèrent leur culture.

Ambroise MUHUNGA précise: «Ici au Congo Belge (République Démocratique du Congo), nous avons MWATSHISENGE SAMUTOMA, neveu de Mwandumba et Mwakanyika, qui est grand chef des Tshokwe et réside dans la province du Katanga où l'on compte en tout 5 chefs dont 4 investis et 1 non investi:

  1. MWATSHISENGE Samutoma, Grand Chef des Tshokwe résidant à Sandoa;
  2. MWATSHITANGA Sakundundu, Chef médaillé à Sandoa (Kafakumba);
  3. MWAKANDALA, Chef médaillé à Dilolo;
  4. TSHISENGE Sayenge, Chef médaillé à Dilolo;
  5. SAPINDJI, chef non investi, sous la directive de Mwatshisenge à Sandoa».

Muhunga rapporte toutes les grandes conquêtes des Tshokwe, sous l'autorité de Mwatshisenge, à la base de leur fulgurante expansion arrêtée par le colonisateur. C'est ainsi qu'il lui est dédié une célèbre chanson de guerre «Mwatshisenge eva mata ma linuma mu sango mwaya meya» (Mwatshisenge, écoute les coups de feu nourris en aval des cours d'eaux).

Mwatshisenge, couramment appelé Mwene, qui signifie être suprême, est le détenteur du bracelet royal appelé Lukhano.

Sa couronne royale est sur-plantée des plumes rouges d'une rare beauté de Kalongo (perroquet) qui symbolisent le Chef envahisseur, guerrier, combattant et vainqueur.

Il est l'unique à porter l'épée royale à double tranchant appelé Nayitala (symbole de la justice suprême) et à poser ses pieds, à la fois, sur les peaux du léopard et du lion (symboles de la férocité et de la puissance).

 

 

Chefs Tshokwe

 

Au niveau des Provinces du Bandundu et du Kasaï-Occidental, le clan Usenge est représenté respectivement par Mwamushiko et Mbunga Thumba.

 

Il est enfin important de noter que le Tshokwe figure parmi les peuples exceptionnels qui non seulement ont résisté à la colonisation, mais ont surtout combattu l'homme blanc, en l'occurrence, le Belge puisqu'il avait des terres, des valeurs et une culture à défendre.

En effet, autant il est très respectueux de l'autorité établie à laquelle il se soumet dignement, autant il a la capacité de se rebeller face à la même autorité quand elle abuse de lui. C'est ce qui révèle sa force de caractère et son esprit d'indépendance; réalités vécues par les colonisateurs à qui il avait farouchement résisté.

Pour briser cet état d'esprit, le colonisateur a monté contre lui ses voisins qui, avec le temps et grâce à cette complicité, ont fini par sembler prendre de l'ascendance sur lui.

M'bokolo Elikia rapporte que vers l'année 1885, les Tshokwe avaient réussi à envahir les anciens Etats sans, cependant, se doter de structures propres quand intervint le partage de leur nouveau territoire entre les puissances coloniales.

Ainsi, les Tshokwe feraient partie de ces groupes dont la rencontre coloniale a arrêté la formation.
L'intérêt de l'évocation de ces faits est de montrer comment le découpage colonial structure la participation politique et la gouvernance au sein de l'Etat colonial d'abord, et postcolonial ensuite.

La preuve est donnée par Léon DUYSTERS qui écrit «après avoir fait œuvre assez discutable sur le plan scientifique, D BIEDUCK n'hésite pas à tirer des conclusions forts hâtives et peu solides sur le plan de la politique indigène. Son affirmation que nous n'avons pas su expliquer les institutions existantes des Aluunda, ni su tirer profit du complexe institutionnel qui les caractérisait, nous paraît fort contestable quand on se rappelle que les fonctionnaires belges ont restauré l'autorité des Mwata Yanvo sur la grande partie des territoires où elle s'exerce aujourd'hui et que c'est à leur intervention que les chefs luunda des Territoires de Sandoa et de Dilolo sont actuellement encore nommés et régis par le Mwata Yamvo et sa cour».

Il poursuit «mais, il nous est totalement impossible de suivre l'auteur lorsqu'il estime regrettable la constitution des Cokwe (Tutshokwe) en chefferies indépendantes. Si nous soumettions les Tutshokwe, qui jusqu'à l'arrivée des belges (1905-1910) étaient indépendants et encore maîtres de la presque totalité des territoires de Sandoa et de Dilolo, aux Aluunda, nous commettrions une injustice et une très grave faute politique».

Mwene Mwatshisenge

 

En effet, dans le but de structurer administrativement l'Etat Indépendant du Congo, l'autorité coloniale signa, en date du 02 mai 1910, un décret organisant territorialement le District du Lulua-Kasaï.

En fait, ce décret divisait le grand espace Tshokwe en sous-chefferies relevant du Chef Mwant YAV.

Voilà pourquoi les Tshokwe, victimes de cet acte juridique, contestent toujours la suprématie Lunda sur eux et accusent cette autorité coloniale d'avoir favorisé celle-ci à leurs dépens puisque n'ayant jamais été en état de soumission envers qui que ce soit avant l'arrivée du colonisateur.

En outre, les enjeux coloniaux (diviser pour régner) ont conduit à la scission, en trois entités politiques, du grand et puissant Peuple Tshokwe, précipitant ainsi la diminution de son emprise réelle sur ses voisins.

A ce sujet, il est justement à noter que l'Afrique ayant été longtemps caractérisée par l'oralité, il est très difficile de remonter très loin dans le passé, de sorte que les quelques bribes de l'histoire africaine connues sont non seulement le fruit de celles recueillies des grands-parents et arrière-grands-parents, mais aussi et surtout des études menées et écrites pendant ladite colonisation.

D'où, la rupture avec le passé traditionnel provoquée brutalement par le colonialisme qui a faussé l'histoire africaine, en l'occurrence celle du Peuple Tshokwe, l'oralité africaine, avec ses faiblesses sur la mémoire, couvrant tous les aspects de l'existence .

Partant, des peuples jadis sous le joug Tshokwe, émancipés par la colonisation, se sont permis, à leur avantage, de fausser le cours de l'histoire.

De là, l'intérêt du livre La Grande Nation des Tshokwe et sa Dynastie de MUHUNGA Ambroise qui révèle des pans entiers de l'histoire authentique du Peuple Tshokwe que des tribus profito-situationnistes tentent vainement de cacher pour le besoin de la cause.

Cela est conforté par l'affirmation de certains chercheurs quand, par exemple, ils disent «bien sûr, cette coexistence indispensable entre le monde occidental et le monde africain aux conceptions et aux traditions différentes, parfois même contradictoires, a constitué, tant pour les individus que pour les groupements indigènes, un facteur de changements, de nouveautés, voir de bouleversements de tous genres.

Le dominé, placé sous tutelle au nom de la civilisation, s'est trouvé par le fait même tenu à accepter les idées du dominant et à accomplir ses ordres. Les séquelles de cet état de choses existent et existeront encore longtemps.

Dans ces quelques pages, nous nous sommes efforcés de voir comment la Belgique, au fil des différents décrets, a intégré l'empire Lunda dans son administration coloniale, sans pour autant avoir la prétention de décortiquer dans ses moindres détails un sujet aussi complexe et difficile. Nous avons tenté de faire ressortir certaines vicissitudes survenues dans ce groupement indigène et inhérentes à l'application des décisions du législateur colonial...

Notre seule prétention a été d'exposer en toute objectivité ce qui est et non ce qui devait être ».

 

http://www.mutambi.org/

 

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Tabouret de chef - Chokwe - Angola 

 

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Tabouret de chef - Chokwe - Angola 

 

 

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